
De l'esclavage à la promesse
Cette semaine, nous commençons le livre de l'Exode.
Les enfants d'Israël se multiplient en Égypte. Menacé par leur nombre croissant, Pharaon les réduit en esclavage et ordonne aux sage-femmes hébraïques, Shifrah et Pua, de tuer tous les nouveau-nés mâles. Devant leur refus, il ordonne à son peuple de jeter les bébés dans le Nil.
Yochevet donne naissance à un garçon et le dépose dans un panier sur le fleuve, tandis que sa sœur, Miriam, veille de loin. La fille de Pharaon découvre l'enfant, l'élève comme son fils et le nomme Moïse. Devenu jeune homme, Moïse quitte le palais et découvre la misère de ses frères. Il se rend à Madian où il sauve les filles de Yitro, épouse Tsiporah et devient berger.
L'Éternel lui apparaît dans un buisson ardent et lui ordonne d'aller trouver Pharaon et de lui demander de libérer les Juifs. Aaron, le frère de Moïse, l'accompagne. En Égypte, ils tentent de parler au Pharaon, mais celui-ci refuse de les laisser partir et aggrave même les souffrances d'Israël.
L'Éternel promet que la rédemption est proche.

Une lumière qui continue
L'Alter Rebbe est décédé le 24 Tevet 5573 (1812), fuyant l'offensive de Napoléon, auquel il s'était farouchement opposé. Il repose à Haditch, en Russie.
Or, le jour du décès d'une personne, et plus particulièrement celui d'un tzaddik, tout ce qu'elle a accompli durant sa vie, tout ce pour quoi elle a œuvré, de sa naissance jusqu'à son dernier souffle, se révèle et illumine le monde d'une lumière intense.
Plus la personne était grande et plus son œuvre a été importante, plus la lumière qui émane d'elle est vive au moment de son départ. C'est donc un moment unique. La mort est un événement marquant de la vie. Dès lors, chaque année, à la date anniversaire de son décès, nous nous souvenons de cette personne et de son impact sur le monde, et ainsi sa lumière rayonne avec encore plus d'éclat.

Protéger la prochaine génération
En ordonnant à son peuple de « laisser vivre chaque fille », Pharaon entendait que les filles juives soient élevées comme des Égyptiennes. Il décréta donc que les garçons soient tués physiquement et les filles spirituellement. Le décret de jeter les garçons dans le Nil symbolise également l'immersion des Juifs dans la culture égyptienne, car les Égyptiens vénéraient le Nil comme la source de leurs moyens de subsistance et de leur culture.
L'Égypte est le prototype de tous les exils. Dans tout exil, la culture dominante nous incite à élever nos enfants selon ses préceptes, promettant que c'est la voie de la réussite matérielle et sociale. Comme en Égypte, résister à ces promesses et veiller à ce que nos enfants grandissent en chérissant les valeurs de la Torah est ce qui garantira leur bonheur matériel, social et spirituel, ainsi que leur libération des chaînes de l'exil.

Rapprocher les cœurs
Bien que les Juifs fussent tombés dans un état spirituel dangereusement bas, allant jusqu'à servir des idoles, D.ieu n'a pas demandé à Moïse de les réprimander ni de les avertir que leur exil se poursuivrait s'ils ne se repentaient pas. Au contraire, D.ieu lui a demandé de leur rappeler le mérite de leurs ancêtres et d'annoncer que, grâce à ce mérite et à celui de leurs souffrances, ils allaient être rachetés. Ce n'est que bien plus tard, lorsqu'il leur a offert une alternative – un commandement à accomplir – que Moïse a ordonné aux Juifs de cesser de servir les idoles.
De même, le moyen le plus efficace de rapprocher le cœur de nos frères juifs de D.ieu est de leur montrer d'abord la beauté de leur héritage et de les réconforter par la promesse de la Rédemption.

La bonté à la porte
C'était un vendredi après-midi agité chez mes arrière-grands-parents. C'était au début du XXe siècle, et mon arrière-grand-mère était en pleine préparation du Shabbat.
De délicieuses odeurs de challah, de poisson et de soupe embaumaient l'air tandis qu'elle s'affairait dans sa cuisine de Brooklyn. Soudain, on frappa bruyamment à la porte. Elle se précipita pour voir qui était là. Le couple était connu pour sa grande hospitalité.
De l'autre côté de la porte se tenait une jeune femme débraillée, un sac à la main. Elle semblait mal à l'aise et tremblait sous ses vêtements. « Madame Jacobson, votre boucher m'a dit de venir. J'ai besoin d'aide. Pourriez-vous m'aider ?»
Mon arrière-grand-mère la fit entrer. Les détails lui importaient peu ; quelqu'un était dans le besoin et elle n'hésiterait pas à l'aider. Cette femme était à la bonne adresse ! Elle demanda aussitôt à la servante de préparer un bain chaud pour l'invitée, puis la conduisit dans une chambre privée avec un lit confortable, des vêtements propres et des serviettes moelleuses. Elle insista pour que la femme prenne un bain et se repose, ignorant toujours qui elle était et pourquoi elle était venue.
Après un certain temps, l'invitée revint à la cuisine, l'air plus en forme. Sarah Kayla l'installa et lui servit un repas complet. Finalement, avec un sourire chaleureux, elle lui demanda comment elle pouvait l'aider.
La femme hésita, puis commença à parler d'une voix hésitante. Elle fouilla dans son sac et en sortit un tuyau métallique à l'aspect menaçant qui y était dissimulé.
Dans un flot de paroles, elle révéla une histoire choquante : cette femme appartenait à une bande de criminels et était venue s'introduire chez nous pour tuer ma grand-mère et lui voler ses bijoux en diamants et autres objets de valeur.
Elle avait prévu de tuer mon arrière-grand-mère, mais avait été accueillie avec une telle gentillesse dès l'ouverture de la porte qu'elle n'avait pas pu se résoudre à faire le moindre geste envers son hôtesse. Après avoir avoué la vérité, elle a laissé tomber le tuyau et s'est enfuie de la maison.
Rochel Leah Fuchs