
La foi au bord de la mer
Cette semaine, nous lisons la Paracha Beshalach.
Peu après avoir autorisé le peuple juif à quitter l'Égypte, Pharaon se lance à leur poursuite pour les forcer à y retourner. Les Juifs se retrouvent pris au piège entre les armées de Pharaon et la mer. Hashem ordonne à Moïse de lever son bâton au-dessus des eaux ; la mer s'ouvre pour laisser passer les Juifs, puis se referme sur les Égyptiens à leur poursuite. Le peuple juif chante un cantique de louange et de gratitude envers Hashem.
Dans le désert, le peuple souffre de la soif et de la faim et se plaint sans cesse à Moïse et Aaron. Hashem adoucit miraculeusement les eaux amères de Mara, puis ordonne à Moïse de faire jaillir de l'eau d'un rocher. Il fait tomber la manne du ciel chaque matin avant l'aube et fait apparaître des cailles chaque soir.
Il est ordonné aux Juifs de ramasser une double portion de manne le vendredi, car aucune ne descendra le Shabbat. Certains désobéissent et vont ramasser la manne le septième jour, mais ne trouvent rien. Aaron conserve une petite quantité de manne, en témoignage pour les générations futures.
À Rephidim, le peuple est attaqué par les Amalécites, qui sont vaincus par les prières de Moïse et l'armée levée par Josué.
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Grandir comme un arbre
Le 15 Shevat du calendrier juif – célébré cette année le lundi 2 février 2026 – marque le début d'une « nouvelle année » pour les arbres. Communément appelé Tou Bichvat, ce jour marque la saison où les premiers arbres à fleurir d'Israël sortent de leur sommeil hivernal et entament un nouveau cycle de fructification.
Nous célébrons le 15 Shevat en dégustant des fruits, en particulier ceux que la Torah mentionne dans ses louanges à la générosité d'Israël : raisins, figues, grenades, olives et dattes. En ce jour, nous nous souvenons que « l'homme est un arbre des champs » et nous méditons sur les enseignements que nous pouvons tirer de cet analogue végétal.

Transmettre le chant
Le sixième Rabbi, Rabbi Yosef Yitzchak Schneersohn, de mémoire bénie, rapporte que le Maharal de Prague a institué la coutume de réunir les enfants ce Shabbat et de leur raconter l'histoire de la traversée de la mer par nos ancêtres.
Le récit incluait la tradition midrashique selon laquelle des arbres fruitiers auraient miraculeusement poussé du fond marin, et les enfants auraient cueilli les fruits pour les donner aux oiseaux. Puis, les oiseaux se seraient joints au chant de la Mer.
Après le récit, la coutume voulait que l'on donne du sarrasin aux enfants, qu'ils donneraient aux poules et aux oiseaux pour commémorer leur participation au chant.
D'autres expliquent que les oiseaux sont des « maîtres du chant », car nul ne chante comme eux. C'est pourquoi, lorsque nous chantons les louanges de D.ieu, nous nourrissons les « maîtres du chant ».

De l'amertume à la joie
La prophétesse Myriam éprouvait une profonde amertume durant son exil, et sa joie fut d’autant plus grande lors de sa rédemption. De même aujourd’hui, l’intensité de notre amertume durant l’exil sera à la mesure de notre joie lors de la Guéulah.

Le chant des oiseaux
Il y a quelques années, nous vivions à Modi'in. Le fond de ma buanderie donnait sur le parking, et j'ai remarqué qu'une volée de petits oiseaux s'y rassemblait chaque matin à la recherche de nourriture. « Que peuvent-ils bien trouver sur un parking goudronné ? » ai-je demandé à mon mari.
J'ai pris une tranche de pain rassis, l'ai cassée en petits morceaux et les leur ai jetés. Leur première réaction a été de s'envoler, mais une ou deux minutes plus tard, ils sont revenus picorer le pain.
Ainsi a commencé mon rituel quotidien : nourrir les oiseaux. Tôt chaque matin, j'ouvrais grand ma fenêtre, j'appelais « mes petits oiseaux », je jetais mes morceaux de pain, et avant même de m'en rendre compte, mes « amis à plumes » picoraient avec appétit. Au bout d'un certain temps, la population d'oiseaux sur mon parking a augmenté. C'était comme si les petits oiseaux indiquaient à leurs amis et voisins comment se nourrir facilement et gratuitement. C'était fascinant de voir la nature à l'œuvre.
Je me souviens avoir pensé : « Est-ce que c'était comme ça, quand les Juifs traversaient le désert et que leur seule nourriture était la manne qui tombait du ciel chaque nuit ? » Attendre sa ration quotidienne est une expérience qui nous ramène à l'humilité.
Comme les oiseaux, nous dépendons de D.ieu pour nos besoins. Aujourd'hui, la manne ne tombe plus du ciel. Nous devons travailler pour subvenir à nos besoins et à ceux de nos familles, mais c'est D.ieu qui décide de nos moyens de subsistance. Il est notre Père céleste qui veille sur nous, et nous sommes ses enfants. Il connaît nos joies, il connaît nos peines. Il est toujours avec nous.
Nous habitons maintenant à Netivot. Les oiseaux se rassemblent derrière notre appartement. C'est maintenant mon mari qui les nourrit. Un jour, un de nos voisins, qui est rabbin, a vu mon mari répandre du pain. Il lui a demandé ce qu'il faisait et, lorsque mon mari a répondu qu'il nourrissait les oiseaux, le rabbin lui a expliqué que nourrir les oiseaux était une mitsva très importante.
En ce Shabbat, nous aussi, nous louons D.ieu.
Il a rappelé à mon mari que le Shabbat où l'on lit la parasha de Beshalach, appelé Shabbat Shira, l'une des coutumes est de déposer des miettes dehors pour les oiseaux.
Le chant des oiseaux n'est pas un simple bruit. C'est leur façon de louer Hashem pour ce qui leur est nécessaire. Puisque, en ce Shabbat, nous aussi, nous louons notre Créateur, nous reconnaissons le chant incessant des oiseaux et nous les récompensons en les nourrissant. Après quatre ans, le dernier jour de notre séjour à Modi'in, je finissais de jeter mes restes de pain et je demandai à mon mari : « Qui nourrira les oiseaux demain ?»
Il me dit de ne pas m'inquiéter. On les nourrira.