
Construit par le peuple
Cette semaine, nous lisons deux parachiots : Vayakel et Pekudei.
Le peuple juif fait don en abondance des matériaux nécessaires à la construction du Tabernacle. Moïse doit leur demander d'arrêter leurs dons.
Une équipe d'artisans fabrique le Tabernacle et son mobilier : trois couches de couverture ; 48 panneaux muraux plaqués or et 100 socles en argent ; le voile séparant les deux chambres, l'arche sainte et son couvercle ; la table et ses pains de proposition ; le chandelier à sept branches avec son huile spécialement préparée ; l'autel d'or et l'encens qui y brûle ; l'huile d'onction ; l'autel extérieur pour les sacrifices ; et le bassin en miroirs de cuivre.
On fait le compte de l'or, de l'argent et du cuivre donnés par le peuple pour la construction du Tabernacle. Betsaleel, Aholiab et leurs assistants confectionnent les huit vêtements sacerdotaux. Le Tabernacle est achevé et tous ses éléments sont apportés à Moïse, qui l'érige et l'oint de l'huile sainte, puis initie Aaron et ses quatre fils au sacerdoce. Une nuée apparaît au-dessus du Tabernacle, signifiant que D.ieu est venu y demeurer.

Nissan commence par des miracles
Mercredi et jeudi, nous célébrons Rosh Hodesh Nissan, le début du mois de notre libération d'Égypte. Dans une autre façon de compter les mois, Nissan est le premier mois du calendrier juif, car il marque la naissance du peuple juif en tant que nation.
Le mot Nissan signifie miracles, ce qui nous indique que c'est un mois de miracles, encore aujourd'hui. Le premier jour de Nissan est aussi le jour où Hashem est descendu sur le Tabernacle pour s'y reposer.

Bénir les premiers bourgeons
Si l'on aperçoit un arbre fruitier en bourgeon durant le mois de Nissan, une bénédiction particulière peut être prononcée : « Béni sois-Tu… qui n'as rien laissé manquer à Ton monde, et qui y as créé de belles créatures et de beaux arbres pour le plaisir des hommes. » Nombreux sont ceux qui visitent les jardins botaniques à cette période, afin de profiter de l'occasion pour observer cette belle mitsva.

Briser toutes les barrières
La joie transcende toutes les barrières. Ceci reflète la nature du Messie, qui descend d’un homme nommé Peretz (selon la Guemara). Peretz signifie « percer ». Le Messie brisera toutes les frontières et limitations qui nous confinent en exil.

Une foi simple, une prière puissante
Un jour, le Baal Shem Tov arriva dans une petite auberge à un carrefour, à des kilomètres de la communauté juive la plus proche. Il fut chaleureusement accueilli et la famille de l'aubergiste lui offrit une boisson. « Où est votre père ?» demanda-t-il aux enfants. « Il prie », répondirent-ils, et le rabbin Israël s'installa pour attendre son hôte.
Une heure passa, puis deux. Il était déjà tard dans l'après-midi lorsque l'aubergiste sortit de sa chambre. Après avoir salué son invité, il s'excusa de sa longue absence. « Je suis un Juif ignorant », expliqua-t-il, honteux. « J'ai du mal à prononcer les mots du livre de prières, et déchiffrer ses instructions, écrites en hébreu sans voyelles, est au-dessus de mes forces. Je n'ai donc d'autre choix que de réciter le livre de prières en entier, de la première à la dernière page, chaque jour. »
« Peut-être puis-je vous être utile », dit le rabbin Israël. Pendant une heure, il resta assis avec l'aubergiste, lui expliquant patiemment comment utiliser le livre de prières. Sur de petits bouts de papier, Rabbi Israël écrivait, en yiddish simple, « prières du matin », « ajout spécial pour les lundis et jeudis », « bénédiction après les repas », « prières de l'après-midi », « prières du soir », « pour Shabbat », « pour Roch Hodech », « pour Roch Hashana », et ainsi de suite, et les glissait pour marquer leur place dans le livre de prières de l'aubergiste. « Merci beaucoup », dit l'aubergiste lorsque Rabbi Israël reprit son chemin. « Maintenant, je peux prier comme un vrai Juif. »
Mais la joie de l'aubergiste fut de courte durée. Plus tard dans la journée, le livre de prières tomba inexplicablement de son étagère, et tous les petits papiers insérés par le Baal Shem Tov s'envolèrent. « Malheur à moi ! » s'écria l'aubergiste. « Qui sait combien de mois s'écouleront avant qu'un Juif érudit ne repasse par ici ? » Déterminé à ne pas laisser passer cette occasion de commencer à prier comme il se doit, il saisit le livre de prières et ses notes et courut dans la direction prise par son hôte.
Après plusieurs kilomètres de marche rapide, il aperçut enfin le Baal Shem Tov au loin. De loin, il vit Rabbi Israël atteindre une rivière. « Comment va-t-il traverser ? » se demanda l'aubergiste. « À cette époque de l'année, l'eau est trop profonde et le courant trop fort pour traverser à gué. » Il allait crier pour l'avertir lorsqu'il vit Rabbi Israël étendre son mouchoir sur l'eau, y monter comme s'il s'agissait du plus solide des radeaux, glisser sans effort et disparaître dans les bois sur la rive opposée.
En un éclair, l'aubergiste était au bord de l'eau. Étendant son mouchoir sur l'eau, il y monta et glissa de l'autre côté, puis courut sur le chemin emprunté par Rabbi Israël. « Attendez, Rabbi ! » cria-t-il. « Attendez ! Vous ne pouvez pas partir tant que vous n'avez pas replacer les petits papiers pour noter les prières dans mon livre ! Toutes vos notes sont tombées ! »
Entendant l'homme l'appeler, Rabbi Israël s'arrêta et se retourna. Son hôte accourait vers lui, serrant son livre de prières d'une main et les bouts de papier de l'autre. « Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ? » demanda Rabbi Israël, stupéfait. « Comment avez-vous traversé le fleuve ? »
« Avec mon mouchoir, comme vous », répondit le Juif. « Au fait, c'est une drôle d'astuce ! Je n'aurais jamais cru que c'était possible. »
« Je pense », dit lentement le Baal Shem Tov, « que D.ieu est pleinement satisfait de vos prières telles qu'elles sont. Peut-être devriez-vous continuer à prier comme vous l'avez fait jusqu'à présent. »